Dec 102014
 

fraude

On a beau mettre en avant l’urgence de la situation luxembourgeoise avec ses nécessités objectives supposées. Il n’en reste pas moins qu’au départ, le projet de loi sur les psychothérapies est né de l’effort concerté d’un nombre très restreint de personnes. Des personnes qui, pour la plupart, n’ont ni la formation, ni l’expérience requises par la loi et par le métier sur lequel elles se sentent appelées à légiférer. Ironiquement, ce sont ces qui ont été désignées pour couper court aux fraudes à l’aide d’une loi à la rédaction de laquelle elles ont contribué.

Malheureusement, parmi ces personnes, peu nombreuses sont celles qui se présentent officiellement comme auteurs ou contributeurs du projet de loi. Et moins nombreuses encore sont celles qui se soient donnés la peine d’en formuler une explication officielle.

Il appartient assurément à l’exercice autoritaire du pouvoir de ne pas avoir à s’expliquer. Car qui s’explique, qui se met à argumenter s’expose au risque de critiques légitimes. Et qui accepte les conditions de la discussion rationnelle abandonne le privilège de la coercition.

Qu’en serait-il alors, si la procédure législative était démocratique ?
Qu’en serait-il, de ce projet de loi, si le législateur s’était donné la peine non seulement d’écouter les deux ou trois intervenants privilégiés, mais d’entendre tous les intervenants sur le terrain ?
Qu’en serait-il donc, si les personnes derrière le projet de loi sur les psychothérapies avaient dû formuler de véritables arguments au soutien d’un texte qui, selon la formulation bien prudente du Conseil d’État, aura « pour effet qu’un certain nombre de personnes pratiquant d’ores et déjà la psychothérapie ne seront plus couvertes par la nouvelle réglementation et s’exposent à d’éventuelles poursuites pour pratique illégale d’actes psychothérapeutiques »[1] ?

Un « certain nombre » ?

Un nombre d’ores et déjà bien certain !

Soit : l’ensemble des thérapeutes, médecins, psychologues ou autres à la base, qui ne disposent pas du futur diplôme de l’Université du Luxembourg ou de diplôme reconnu comme équivalent et qui ne se retrouve pas dans cet « accompagnement psychologique » qu’on leur a apparemment aménagé comme porte de secours.

Qu’en serait-il, si l’on dressait une petite liste ordonnée des arguments glanées ici ou là dans des discussions officielles et inofficielles, dans des entretiens à la radio et dans de petits pamphlets publicitaires ?
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Notes    ( ↑ returns to text)

  1. Avis complémentaire du Conseil d’État, 7 octobre 2014, p. 2.
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