Thierry Simonelli

Docteur en Psychologie
(Univ. européenne de Bretagne)

Master en psychologie clinique
(Univ. de Paris 7 - Paris Diderot)

Docteur en Philosophie
(Univ. de Paris 4 - Sorbonne)

Maîtrise en Philosophie
(Univ. de Paris 1 - Panthéon-Sorbonne)

Membre de la Société Psychanalytique du Luxembourg

Livres :

- Verstehen und Begreifen in der Psychoanalyse en collaboration avec Siegfried Zepf. Gießen: Psychosozial-Verlag, 2015.
- Sexualité, marxisme et psychanalyse. Wilhelm Reich avec Richard Poulain and Andrea Oberhuber. Mont-Royal, QC : M Éditeur, 2012
- Les premières métapsychologies de Freud. Montréal : Éditions Liber, 2010
- Traduction: L'«a priori» du corps dans le problème de la connaissance. Paris: Éd. du Cerf, 2005
- Günther Anders. De la désuétude de l'homme. Paris : Éd. du Jasmin, 2004
- Lacan, la théorie. Essai de critique intérieure. Paris : Éd. du Cerf, 2000

Site personnel : http://thsimonelli.blogspot.com/

Oct 022014
 
Luxembourg, le 29 septembre 2014
La Commission parlementaire de la Santé, de l’Égalité des chances et du Sport va bientôt adopter une législation sur les psychothérapies dont l’effet – et peut-être l’intention – est de dépouiller une profession de sa diversité.
Cette diversité est officiellement affichée, de même que les intérêts des patients qui doivent être protégés d’apparents graves dangers de thérapeutes travaillant hors du cadre d’une “science” définie nulle part.
Mais de fait, les conditions d’accès à la formation, au titre et à la profession postulées par la nouvelle loi excluent, sans autre détour, tout psychothérapeute qui ne soit ni médecin, ni psychologue, ou qui n’ait pas fait ses études de psychothérapie à l’Université du Luxembourg.
Alors que la procédure législative est plus ou moins bouclée, la Commission de la Santé invite les représentants de quatre groupes de psychothérapeutes pour un dernier échange d’idées de 30 minutes.

La Société Psychanalytique du Luxembourg est consciente que sous sa forme actuelle, la loi Luxembourgeoise condamne l’avenir de la psychanalyse au Luxembourg. Ainsi, le Luxembourg sera le seul pays en Europe où de futurs psychanalystes ne pourront plus exercer du fait de ne pas avoir de formation calquée sur le modèle de Master en Psychothérapie de l’Université du Luxembourg. (Inversement, les personnes ayant réussi ce Master ne pourront le faire valoir nulle part ailleurs qu’au Luxembourg.)

Voici l’argumentaire critique de la S.P.L. adressée à la Commission de la Santé :

Aide-mémoire à l’intention de la Commission de la Santé, de l’Egalité des chances et des Sports

La psychanalyse existe, depuis plus de 100 ans.

Elle existe dans l’ensemble des pays occidentaux démocratiques, au même titre que nombre d’autres types de psychothérapie.

De manière générale, la formation à la psychanalyse n’est pas réservée aux médecins ni aux psychologues.

Cette formation est depuis plus de 100 ans assurée dans des instituts, des écoles et des associations non-universitaires.

En quoi consiste la formation psychanalytique ?

Elle inclut :

  • la psychanalyse personnelle, qui en constitue le fondement,
  • des cours théoriques,
  • des études de cas cliniques,
  • et une pratique supervisée et contrôlée.

Aucune école de psychanalyse, aucun institut de formation psychanalytique ne propose des cours spécialisés en diagnostic, ne fournit des ECTS, n’enseigne des stratégies, ni n’assure de formation en auto-apprentissage (article 4).

La question qui s’impose alors est celle-ci : la psychanalyse continuera-t-elle d’exister au Luxembourg une fois que la loi sur les psychothérapies sera votée ?

Non !

Les psychanalystes qui voudront exercer, travailleront dans l’illégalité, alors qu’ils sont dûment formés et que leurs services sont demandés et appréciés par le public. Et la même chose arrivera à beaucoup d’autres psychothérapeutes, pourtant formés et utiles.

Pourquoi seront-ils dans l’illégalité, pourquoi disparaîtront-ils?

1. Selon la loi (articles 2, 3 et 4), l’admission au titre et à la profession du futur psychothérapeute exige deux choses :
soit un Master de psychologie soit une formation de médecin, au départ ;
et puis, une formation universitaire en psychothérapie sur le modèle luxembourgeois avec des ECTS.

2. Or, de manière générale, les pays européens disposant d’une législation sur les psychothérapies n’interdisent pas aux non-psychologues et aux non-médecins l’accès à la formation, le port du titre et l’exercice de la profession de psychothérapeute.

Et à l’heure actuelle, la majorité des formations psychothérapeutiques en Europe n’est pas assurée par des universités. Dans les pays disposant d’une législation, la plupart des formations, inclusion faite de la psychanalyse, est assurée par des instituts privés, reconnus par les États respectifs.

En conséquence, la loi luxembourgeoise sur les psychothérapies fera que demain, aucun psychanalyste, qu’il ait suivi une formation en Europe ou ailleurs, ne saura faire valoir ses titres ou exercer sa profession au Luxembourg. Il pourra travailler en Belgique ou en France par exemple, mais pas au Luxembourg.

Est-ce vraiment cela que veut le législateur ?
Il est à notre sens parfaitement possible d’établir une législation sur les psychothérapies qui permette à terme d’organiser le remboursement de certaines formes de psychothérapie, sans du même coup criminaliser toutes les autres formes.

Les psychanalystes ne demandent qu’une chose : pouvoir continuer à travailler et à se former à la manière instituée, qui s’est avérée la plus adéquate pour leur pratique clinique.

Pour la S.P.L.

Jean-Claude Schotte
Psychanalyste
Docteur en philosophie
Licencié en lettres classiques
D.E.A. en linguistique
(Président de la SPL)
Thierry Simonelli
Psychanalyste
Docteur en psychologie
Docteur en philosophie

(Secrétaire de la SPL)
Jan 172013
 

The Other Scene

We are very happy to announce the first issue of the internet journal The Other Scene.

The aim of The Other Scene is to publish papers on psychoanalysis and on the different applications of psychoanalysis in a variety of intellectual and artistic pursuits such as literature, film and other arts, sociology and political theory, philosophy and pedagogy: anywhere it can be seen as relevant.

Obviously, psychoanalysis started as a therapeutic practice and it still has its foundation in this practice. However, as Freud pointed out already in 1926: “The use of analysis for the treatment of the neuroses is only one of its applications; the future will perhaps show that it is not the most important one .” (“The question of lay analysis.” SE, 20: 179-250.)

Furthermore, psychoanalysis is itself shaped by its proximity to the various arts and sciences. Ultimately The Other Scene also hopes to bring analysis to unfamiliar grounds.

Aug 082012
 

(Le texte qui suit a originellement paru dans le mensuel luxembourgeois Forum, n° 320, juillet 2012.)

Sans RisquesUn nouveau spectre hante le Luxembourg. Après les médecins fripons et les enseignants fainéants, voici donc le fléau des psychothérapeutes dangereux.

Ce danger est-il récent ? S’est-il renforcé progressivement au cours des dernières décennies ? Y a-t-il eu des blessés ? Des morts ? Des personnes se sont-elles plaintes auprès de la police ? Des jugements ont-ils été émis contre des malversations ou des fautes professionnelles ? Et quelqu’un a-t-il relevé ces faits, dressé des listes, établi des statistiques ?

Assurément, il n’est pas difficile de se sentir pris de vertige, à feuilleter les rubriques ‘psychologues’ ou ‘psychothérapeutes’ des pages jaunes nationales. Un minimum d’ordre et d’information n’y apporteraient certainement pas de préjudice. Pourtant, en regardant par-delà les frontières nationales, un éventail psychothérapeutique autrement plus impressionnant s’ouvre devant les yeux des curieux.

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Jan 272012
 

© Warner Brothers 2012

During an evening out at the club, J. Edgar Hoover suddenly urges his friend and lover Clyde Tolson to leave in a hurry. They just came from a movie that was of important symbolic value:  Hollywood had eventually shifted from the sympathetic gangster hero to the heroic police officer. Hoover feels so gratified by what he considers to be a public recognition of his work that during the ride home, he holds his lover’s hand. The gesture has a slight scent of provocation since his mother, Anne, sitting in front of the car, could not but notice. And she would pay him back for this daring move soon enough.


That evening though, nothing seemed to stop J. Edgar. At first, at least. After dropping his mother off, he and Clyde continue to their club, where they get to sit at a table with three beautiful, admiring actresses. Here we see the new hero of the Bureau of Investigation, inspiring comic strips and now movies,  bragging about some incredibly important secrets he cannot reveal. Young, radiating, gorgeous Hoover seems overspilling with power, wits and overall success. Until one of the actresses, trying to get beyond sitting and listening, first invites and then urges him to dance. At this point J. Edgar loses it.

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Jan 072012
 

True to historic facts, Cronenberg’s A Dangerous Method holds some interesting surprises – naturally, considering the director and the actors’ work on the subtlest staging details. (See the Cronenberg interview).
Some of those details lie on the more comical side, such as Freud’s character.
So far I had imagined Freud in different ways, but the idea of a Viennese cigar-munching Godfather had not occurred to me. Cronenberg’s Freud comes across as a slow talking, sometimes cynical, sometimes despicable plotter of institutional schemes. A hard-nosed professional subversive who seems impressed only by the ever-growing anti-semitism that besieges him and his new science. And when Jung finally falls out of favour, the only sense that comes to Freud’s mind is his designated successor’s “Aryanism”.
With Spielrein and Jung’s respective characters, things immediately seem to run deeper. The first time we see Spielrein, she’s literally howling mad. But she seems to get better with an astonishing speed, each and every time Jung addresses her like a normal human being. One can only imagine what it must have been like in the asylums of the late 19th and early 20th centuries. But Bleuler and Jung’s Burghölzli looks very much like the Anti-Psychiatrist‘s dream. Patients, not inmates, are being cared for, offered interesting humane work and most of all are treated like fully responsible grown-ups. In this utopian castle, Spielrein not only turns out to be the gifted psychologist that Jung suspected right away, but she also learns how to accept and enjoy her sexual fantasies. Although, with some practical help of her therapist, who does not show the same ease towards his own fantasies.
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Jan 052012
 

After The Worst Ennemies of Psychoanalysis and The Best Friends of Psychoanalysis Prado de Oliveira turns to the Hungarian psychoanalyst Sándor Ferenczi (1873-1933). Prado considers Ferenczi to be the most paradoxical disciple of Freud for being both close and critical, loyal and original (originality often being considered as a flaw in psychoanalytic institutions), methodical and ebullient. Not only in theory. Ferenczi is maybe best known for his experimental practice, described in his clinical diaries.


Prado’s book retraces the theoretical and personal evolution of Ferenczi, closely following his writings and his correspondence with Freud. Amongst others, Ferenczi was one of the true founders of analytic training and a constant inspiration for analysts like Melanie Klein, Michael Balint, Lacan and Winnicott: “Ferenczi was the psychoanalyst who taught us to question all our certainties.”