Jan 202012
 

Un certain Freud
Au sujet de Les patients de Freud : destins
de Mikkel Borch-Jacobsen
Sciences Humaines Éditions, 2011

J’ai lu ce livre de Borch-Jacobsen avec beaucoup d’intérêt, ayant moi-même étudié ce sujet aussi bien par intérêt personnel que par intérêt professionnel. Je fais des cours pour des étudiants universitaires et je viens d’écrire un livre, Ferenczi, la psychanalyse autrement, où j’ai approché de près le matériel qui sert aussi à Borch-Jacobsen. J’ai trouvé son livre d’autant plus passionnant qu’il n’y a pas beaucoup de livres en français à ce sujet. Faut-il dire que la France présente un paysage assez désolant en termes d’éditions psychanalytiques. Malgré toutes les apparences en sens contraire, la France devient de plus en plus paroissiale dans le paysage mondial des publications. Celui qui n’y lit pas l’anglais, reste un chercheur aveugle. Il n’y a aucun espoir que soient traduits en français des livres comme Unorthodox Freud : the View from the Couch, de Beate Lohser et Peter M. Newton, publié à New York et Londres, qui présente un vaste panorama des patients de Freud et de leur destin, ou Unfree Associations : inside psychoanalytic institutes, de Douglas Kirsner, publié à Londres, qui présente un vaste panorama de comment sont conduites les discussions dans les milieux psychanalytiques. Il est donc d’autant plus précieux que des chercheurs internationaux comme Borch-Jacobsen publient d’abord en français avant de publier en anglais.

Je dois avouer que je n’ai pas lu Le livre noir de la psychanalyse, car j’ai trouvé au bout de quelques pages que c’était très mal écrit. Je fuis systématiquement tous les livres mal écrits, y compris la malheureuse édition des Œuvres complètes de Freud en français, qui prétend présenter comme méthode et rigueur ce qui au fond n’est qu’incompétence traductive. Il faut avoir présent à l’esprit que Laplanche s’était donné le français de Chateaubriand comme modèle à respecter pour ces Œuvres complètes. Le résultat final en est l’opposé.
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Jan 072012
 

True to historic facts, Cronenberg’s A Dangerous Method holds some interesting surprises – naturally, considering the director and the actors’ work on the subtlest staging details. (See the Cronenberg interview).
Some of those details lie on the more comical side, such as Freud’s character.
So far I had imagined Freud in different ways, but the idea of a Viennese cigar-munching Godfather had not occurred to me. Cronenberg’s Freud comes across as a slow talking, sometimes cynical, sometimes despicable plotter of institutional schemes. A hard-nosed professional subversive who seems impressed only by the ever-growing anti-semitism that besieges him and his new science. And when Jung finally falls out of favour, the only sense that comes to Freud’s mind is his designated successor’s “Aryanism”.
With Spielrein and Jung’s respective characters, things immediately seem to run deeper. The first time we see Spielrein, she’s literally howling mad. But she seems to get better with an astonishing speed, each and every time Jung addresses her like a normal human being. One can only imagine what it must have been like in the asylums of the late 19th and early 20th centuries. But Bleuler and Jung’s Burghölzli looks very much like the Anti-Psychiatrist‘s dream. Patients, not inmates, are being cared for, offered interesting humane work and most of all are treated like fully responsible grown-ups. In this utopian castle, Spielrein not only turns out to be the gifted psychologist that Jung suspected right away, but she also learns how to accept and enjoy her sexual fantasies. Although, with some practical help of her therapist, who does not show the same ease towards his own fantasies.
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