La logique des maladies : rond rond macaron …

La logique des malades : rond rond macaron …

(Des mots, des ouvrages, des actes et des normes 13)

 

La psychopathologie au service des sciences humaines

Il y a Freud et il y a Freud. Le praticien ne procède pas de la même façon que le théoricien. Lorsqu’il théorise en tant que métapsychologue, Freud procède noso-analytiquement.

Pour expliquer le fonctionnement psychique, il applique le principe du cristal. La théorie de l’appareil psychique qu’il propose, est élaborée en référence aux brisures que les diverses maladies psychiques révèlent chacune à sa manière, isolément des autres. Confronté à d’autres problématiques cliniques qu’auparavant, Freud reformule sa première topique. Il révise la théorie des instances qui composent l’appareil psychique et en constituent les forces dynamiques, parce qu’il essaie de prendre en compte non seulement ce que les névroses, mais également la mélancolie et la paranoïa e. […]
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La logique des maladies : hommage à Claude Bernard

La logique des maladies : hommage à Claude Bernard

(Des mots, des ouvrages, des actes et des normes 12)

 

La compréhension à ses risques et périls

Jacques Lacan n’arrête pas de répéter dans ses premiers séminaires[1] qu’il ne faut pas se presser de comprendre trop vite, car on risque de comprendre mal ce qui se passe, pris au piège comme on l’est par ses propres préjugés. On comprend alors l’autre parce qu’on se comprend soi-même, comme on se comprend soi-même, grâce à l’empathie, de manière immédiate, comme si personne n’occupait une position. On se met dans la peau de l’autre. C’est toujours et partout un risque, ce genre de compréhension sans dialogue, miroitante, en écho, tout sauf maussienne. […]
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La logique des maladies : on se comprend pas, mais cela s’explique

La logique des maladies : on se comprend pas, mais cela s’explique

(Des mots, des ouvrages, des actes et des normes 11)

 

Omne simile claudicat[1]

Certains cliniciens refusent de formater la rencontre avec les patients. Cela ne les intéresse pas de cataloguer des symptômes, d’autant moins que ceux-ci sont au fond ambigus et indéterminés. Ils n’ont pas pour but d’établir un diagnostic au moyen de questionnaires basés sur des manuels statistiques. Ils essaient de ne pas orienter d’emblée l’entretien en introduisant des critères d’évaluation qui sont extérieurs à la situation clinique elle-même.

L’attitude que ces cliniciens adoptent envers leurs patients peut être comparée à celle que Marcel Mauss demande de la part de l’ethnographe. […]
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La logique des maladies : hommage à Marcel Mauss

La logique des maladies : hommage à Marcel Mauss

(Des mots, des ouvrages, des actes et des normes)

 

Le « fait social total »

Le praticien, en tant que clinicien qui rencontre des gens qu’il n’a jamais vus auparavant et qu’il ne connaît pas, est inéluctablement confronté à quelqu’un d’autre. Je ne vois pas du tout comment il pourrait lui être utile de forclore la rencontre et chercher à établir un diagnostic d’ordre statistique en utilisant des questionnaires standardisés.

 

Mais quelle attitude peut-il adopter ? Vaste question.

Mais on pourrait argumenter que l’attitude du clinicien n’est pas étrangère à celle que prône Marcel Mauss en tant qu’ethnographe. Celui-ci part du principe qu’il y a de l’altérité, donc une distance au fond énorme à franchir, petit à petit, par immersion dans un monde étranger qu’il faut tenter de s’approprier sans aucune forme de projection, sans anachonisme, anatopisme ni anastratisme, par exemple à la manière de Maurice Leenhardt qui a longtemps séjourné et travaillé chez les Canaques en Nouvelle-Calédonie[1]. […]
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La logique des maladies : des sciences sociales

La logique des maladies : des sciences sociales

(Des mots, des ouvrages, des actes et des normes 9)

 

Les statistiques qu’on retrouve sous forme de nomenclatures dans les manuels diagnostiques des troubles mentaux, le DSM et la CIM, qui ne définissent ni ne départagent les symptômes répertoriés sur la base d’hypothèses explicatives de la logique des maladies, et qui présupposent dès lors une norme de santé historiquement située, relèvent de ce qu’on appelle les « sciences sociales ».

 

La recherche des configurations historiques

Celles-ci ne s’intéressent pas au fonctionnement social de l’humain mais bien plus aux configurations historiques concrètes de l’existence dans telle ou telle société ‒ configurations qui présupposent justement ce fonctionnement seul capable d’expliquer ces divergences elles-mêmes. […]
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