May 222017
 

Le nomos des maladies : la personne, no body in particular

(Des mots, des ouvrages, des actes et des normes 17)

 

Cherchez du social, et que trouverez-vous ? Des individus, des collectivités? Des usages étanches, des institutions au sens durkheimien du mot, des institutions qui déterminent des êtres qui sinon ne seraient que des individus hors société ? Non, plutôt des divergences et des convergences, peu importe le nombre d’individus positivement dénombrables, n’en déplaise aux statisticiens. Plutôt des acteurs capables d’instituer des frontières, de creuser des fossés, mais aussi capables et contraints à la fois de franchir les frontières, de bâtir des ponts. Quant aux malades, pervers et psychotiques, ils ne font jamais autre chose qu’exacerber ces tendances opposées.

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May 152017
 

Le nomos des maladies : autonomie et hétéronomie

(Des mots, des ouvrages, des actes et des normes 16)

 

Quelles que soient les configurations historiques que l’on étudie, quelle que soit l’échelle de grandeur envisagée dans le temps, l’espace et le milieu (le moyen âge, l’époque de la dynastie Ming, la présidence d’Obama … un village provençal, la ville de Barcelone, l’Europe … la classe bourgeoise, les amis du musée, le club de karaté), on pourra toujours trouver des exceptions à la règle. On aura toujours des difficultés pour constater des usages auxquels chacun se conforme, imperméables à tout ce qui pourrait les modifier. Et on en conclura que la définition et la délimitation des configurations historiques est chose relative, et même enjeu de conflits.

Les sciences sociales n’arrivent jamais à établir une fois pour toutes ce que sont les configurations historiques qui les intéressent et elles passent même une bonne partie de leur temps à tenter d’en arriver là. Les frontières historiques (chronologiques, géographiques et stratiques) ne sont pas fixes, alors qu’on ne pourrait pas non plus prétendre qu’il n’y en ait pas.

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